Cancer colique : épidemiologie , diagnostique et prise en charge
INTRODUCTION :
- Tumeurs situées entre iléon et rectum- Adénocarcinome +++ (>95% des cas)
- De plus en plus fréquent au Maroc
- La chirurgie = principale arme thérapeutique
- Progrès: chimiothérapie +++ Produits très efficaces
EPIDEMIOLOGIE : cancer colorectal
1- Fréquence :
- Pays à haut risque : + France incidence élevée / + 42000 nouveaux cas / an de cancer colorectal.- Risque moyen: Amérique du sud, Asie (sauf le japon)
- Faible risque : Afrique
2- Âge :
- Rare avant 40 ans.- Age moyen de survenue : 65 ans (entre 50 et 70 ans).
3- Sexe :
Sexe – ratio: 14- Facteurs diététiques et métaboliques :
Effet néfaste- Apport calorique excessif, obésité
- Régime riche en protéines animales (viandes et graisses)
- Régime pauvre en fibres
- Intoxication alcoolo-tabagique
Effet protecteur
- Prise légumes, fruits, vitamines C et D
- Aspirine et les AINS.
6- Populations à risque :
Trois niveaux de risque de CCR dans la population :- Le risque moyen : C’est le risque de la population générale d’être atteint d’un CCR avant l’âge de 74 ans est estimé à
3,5 %.
- Le risque élevé :
• Antécédents personnels d’adénome ou de CCR.
• Un ou plusieurs parent(s) du premier degré atteint(s) de CCR ou d’adénome.
• Si parent avait moins de 45 ans ou si deux parents ont un antécédent de CCR, le risque relatif est alors de 4.
• Patients atteints de maladie inflammatoire de l’intestin (colites étendues).
- Le risque très élevé : Sujets appartenant à une famille atteinte de cancers à transmission héréditaire autosomique
dominante (HNPCC et PAF).
ANATOMIE PATHOLOGIQUE :
1- TOPOGRAPHIE :
- Prédominance sur la partie gauche du colon2- MACROSCOPIE :
- La forme ulcéro-infiltrante (ulcération entourée d’un bourrelet).- L’aspect varie selon le siège :
• Bourgeonnante : dans côlon droit.
• Sténose ulcérée (aspect en virole) dans les segments plus étroits.
3- HISTOLOGIE :
- Souvent d’un adénocarcinome Lieberkühnien (80 %), fait de structures glandulaires (tubulaires, acineuses ou papillaires).- Soit bien, moyennement ou peu différencié.
- L’adénocarcinome mucineux ou colloïde muqueux (20 % des cas) : présence de plages étendues de mucus.
4- EXTENSION :
Extension pariétale et de voisinageDe la muqueuse vers les autrescouches de la paroi rectocolique jusqu’à la séreuse, puis les organes de
voisinage.
Extension ganglionnaire
Elle atteint les relais ganglionnaires successifs : épicolique; paracolique; intermédiaire et enfin les ganglions centraux.
Extension métastatique
Elle se fait par voie hématogène : hépatiques, puis pulmonaires,osseuses, péritonéales et cérébrales.
IV- DIAGNOSTIC CLINIQUE :
1- Signes d'appel :
Signes généraux- Amaigrissement
- Asthénie plus ou moins marquée.
Troubles du transit
- Constipation récente (plutôt dans leslocalisations gauches).
- Diarrhée (plutôt dans les localisations droites).
- Alternance de diarrhée et de constipation.
- Modification récente du transit.
Hémorragie digestive
30 à 40 % des cancers du côlon saignent :
- Rectorragies / Melaena dans les cancers du cæcum / une anémie inexpliquée.
Douleurs abdominales
40 % des cancers coliques :
- Pesanteur abdominale avec ballonnement / Syndromes occlusifs résolutifs (cancer colique gauche).
Les complications révélatrices du cancer
- Occlusion intestinale aiguë , perforation diastatique (75 %) ou tumorale (25 %) et hémorragie abondante (rare).
Métastases Ganglionnaires ; hépatiques ; Péritonéales ; pleuro-pulmonaires ; Osseuses ; Cérébrales.
2- Examen clinique :
⇒l'Interrogatoire : rechercher un antécédent familial ou personnel de cancer ou de polype intestinal ⇒Signes d’examen physique :- Masse palpable - Ganglion de Troisier - Hépatomégalie métastatique - Ascite
⇒Les touchers pelviens : percevoir une tumeur prolabée dans le cul-de-sac de Douglas / des nodules de carcinose péritonéale.
3- Diagnostic para-clinique:
La colonoscopie totale- Examen de référence.
- Nécessite une préparation colique
- Permet de voir et de faire des biopsies de la tumeur
- Doit être complète pour rechercher les polypes associés (15 à 30%) ou un cancer synchrone (5%).
- Permet le traitement par exérèse endoscopique des adénomes.
Le lavement baryté
- Abandonné.
- Quand la coloscopie n’a pas été complète (sténose néoplasique)
- Le lavement baryté nécessite une technique rigoureuse chez un malade parfaitement préparé.
Recto-sigmoïdoscopie - Coloscanner
V- BILAN D’EXTENSION :
1- Clinique
- Antécédents personnels et familiaux de CCR.- L’examen clinique complet recherche :
• Des métastases hépatiques
• Une adénopathie sus-claviculaire gauche (ganglion de Troisier)
• Une carcinose péritonéale (nodules au TR, ascite).
2- Morphologiques
- La TDM thoraco-abdomino-pelvienne- Une échographie abdominale
- Une radiographie thoracique.
- IRM pas de place.
- Cystoscopie : suspicion d’envahissement urétéro-vésical (cancers du côlon gauche).
3- Biologiques
L’antigène carcino-embryonnaire (ACE) essentiellement pour le suiviFORMES CLINIQUES :
Formes topographiques- Cancer de la valvule iléo-caecale : syndrome de Koenig voir occlusion du grêle
- Cancer du caecum : Dc au stade de masse palpable de la FID, anémie ou abcédation
- Cancer du sigmoïde : saignement fréquent
Formes compliquées
- Occlusion intestinale.
- Perforation in situ : abcès péri-tumoral avec signes de suppuration profonde.
- Perforation diastasique entraîne une péritonite généralisée.
- Fistules: entéro-cutanées, colo-duodénale, colo-vésicale.
Formes étioloiques
Cancers sur RCH
- Diagnostic difficile : malades habitués aux rectorragies
- Intérêt de la surveillance endoscopique avec biopsies.
Cancers sur PAF
- Principe de la réalisation systématique d’une colectomie totale en cas de PAF
Cancers familiaux
- Dépistage et surveillance des sujets à risque
TRAITEMENT :
1- OBJECTIFS :
- Curatif : guérison complète du patient
- Palliatifs : pallier aux symptômes
2- MOYENS :
2-1- Chirurgie :- Objectif primordial : l’exérèse totale de la tumeur et des différents territoires ganglionnaires correspondant
- Chirurgie conventionnelle ou laparoscopie
- Règles carcinologiques
• Ligature vasculaire première
• Exclusion de la lumière colique de part et d’autre de la tumeur
• Marges de résection suffisante : au moins 5 cm de part et d’autre
⇒ Préparation colique :
- Permet de réaliser une chirurgie sur colon vide.
• Régime sans résidu : 3 jours avant
• Préparation mécanique
• Polyéthylène glycol ou une solution de phosphate de Sodium prise la veille
• Antibiothérapie
- Contre-indiquée : Occlusion
⇒ Différentes interventions :
Interventions chirurgicales
⇒ visée curative
- Hémicolectomie droite
- Hémicolectomie gauche
- Colectomie segmentaire
- Colectomie totale
Chirurgie palliative
- Résection palliative
- Dérivations :
• Interne : iléotransverse (tumeur de l’angle droit) ou transverso-sigmoidienne (tumeur de l’angle gauche)
• Externe : colostomie, iléostomie
⇒ Cas particuliers :
- Complications (perforation, occlusion) :
• Objectif principal : traiter la complication, effectuer la résection tumorale si possible.
• Le rétablissement de continuité colique dans un deuxième temps.
- Tumeur inextirpable : dérivation interne, iléostomie, colostomie.
2-2- Traitement endoscopique :
- La polypectomie endoscopique est le traitement des adénocarcinomes intramuqueux si elle respecte les trois critères suivants :
• Exérèse complète avec marge > 1 mm.
• Bonne différenciation.
• Absence d’emboles lymphatiques.
- Si un de ces trois critères est absent, une exérèse chirurgicale s’impose.
2-3- Chimiothérapie systémique :
- Une chimiothérapie adjuvante systémique est envisagée quand il y a un envahissement ganglionnaire ou des métastases : N+ et M+
- Produits et protocoles divers : 5 fluoro-uracile (5 FU) ; acide folinique (FUFOL) ; oxaliplatine ; Irinotecan;
Bevacizumab Cétuximab
3- RÉSULTATS :
Mortalité :- Variable 0,2 à 2 % en situation élective
- Plus élevée en cas chirurgie d’urgence pour complication (péritonite, occlusion, hémorragie)
Morbidité :
- Péritonites postopératoires - Occlusions postopératoires - Infections de paroi
- Fistules anastomotiques - Eviscérations - Complications propres à la stomie
SURVEILLANCE APRÈS EXÉRÈSE CURATIVE D’UN CANCER DU CÔLON
1- Objectif : Augmenter la survie
- Diagnostic précoce de récidives (métastases ou locorégionales).- Recherche d’adénomes ou de cancer métachrone
2- Protocole de surveillance recommandé
- Examen clinique = 3 mois / 2 ans, puis tous les six mois pendant trois ans.- Échographie abdominale= 3 à 6 pendant 3 ans,
- Radiographie thoracique annuelle
- Marqueurs tumoraux
- Coloscopie à trois ans, puis tous les cinq ans.
3- Pronostic :
- Le pronostic du cancer du côlon : Survie globale : 50% tous stades confondus- Dépend du stade :
• 80 % Stades précoces (T1 ou T2N0M0)
• 0% au stade métastatique
CONCLUSION :
- Cancer du colon : En augmentation de fréquence même chez nous- Diagnostic précoce : passe par dépistage et traitement des lésions précancéreuses
- Diagnostic : colonoscopie totale + biopsies
- Test de dépistage : population à risque
- Traitement curatif : pierre angulaire : chirurgie
- Chimiothérapie : apport important au traitement
- Gravité des formes compliquées
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